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Né à Paris dans le 15e arrondissement, Paul BARRUEL fait des études à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures de Paris. Il travaille ensuite à la STCRP (Société des Transports en Commun de la Région Parisienne), ancêtre la RATP. Nommé ingénieur-dessinateur, il participe notamment à la conception du funiculaire du Sacré-Cur. Il commence très tôt, dès l'âge de 13 ou 14 ans, à croquer les animaux, plantes ou paysages. Parallèlement, et ce furent ses premières uvres exposées en 1928 au Salon des artistes indépendants de Paris, il réalise des sculptures en bois reproduisant des mammifères d'après ses observations au zoo. Plus tard, toujours passionné par la nature, il consacre ses loisirs à parcourir, avec son épouse, les espaces verts de la capitale et de ses environs ; ils fréquentent également les expositions, musées, bibliothèques, visitent les monuments Paul BARRUEL est un naturaliste dans l'âme et, de simples esquisses accompagnant ses notes de terrain, ses dessins deviennent de véritables études ; de la représentation des plantes, pour lesquelles il gardera un grand attachement, il passe à celle des oiseaux, discipline requérant l'observation minutieuse de sujets toujours en mouvements. Afin d'apporter à celle-ci la précision nécessaire, il l'approfondit par de longues heures d'études de spécimens des collections du Muséum et travaille de plus en plus souvent avec les scientifiques, biologistes notamment. Il travaille inlassablement à " fixer le mobile " tout en saisissant l'instant propice où le mouvement se transforme en pause (ou pose) et pour rendre compte de la délicatesse et la transparence des matières et des couleurs, il utilise toujours l'aquarelle, bien qu'il se soit essayé à l'huile et au pastel. Dans l'ensemble de ses uvres, on retrouve aisément la technique de l'ingénieur, on perçoit une organisation logique dans l'espace, une approche très fine du trait et des volumes. Ses nombreux carnets de croquis témoignent de la manière dont l'artiste élabore ses sujets : " il cerne d'abord la forme de l'animal en la sculptant pour ainsi dire, dans des volumes aux raccords anguleux il modèle instinctivement la forme pour l'affirmer à sa manière, dans un dessin d'art élaboré par l'esprit ". Deuxième étape, son goût pour les nuances subtiles apparaît dans les études de fleurs, tout particulièrement d'orchidées, réalisées à Paris pendant l'Occupation. En 1941, il quitte son emploi pour se consacrer à sa passion. Ce sont alors de longues heures passées dans les musées et leurs laboratoires pour étudier les formes et attitudes du monde animal. Puis en 1947, en découvrant la Savoie à l'occasion de l'inauguration de la Croix du Nivolet (pour laquelle un de ses oncles avait fourni l'aluminium), il rompt avec sa vie parisienne et s'installe à Saint Jean d'Arvey. Commence alors une importante collaboration avec les éditeurs avec lesquels il publie de nombreux ouvrages dont il a lui-même assuré la rédaction, ou le plus souvent, auxquels il a collaboré par ses illustrations. Son premier livre, Les Oiseaux dans la nature, description et identification pratique sur le terrain des espèces de France, Suisse et Belgique, paraît chez Payot en 1949. Parmi ses grandes collaborations, on peut citer Les Oiseaux nicheurs d'Europe, dont il illustre les textes de Paul Géroudet dans les tomes II, III et IV de cette série , parue entre 1958 et 1962, et dont on pourra découvrir nombre de pièces originales à l'occasion de cette rétrospective ; Le Grand Larousse encyclopédique en dix volumes (années 60) pour lequel il rédige les articles d'ornithologie ; Les Oiseaux du Nord de l'Afrique : de la Mer Rouge aux Canaries (textes de R.D. Etchecopar et François Hue, Ed. Boubée, 1964) comportant 24 planches d'oiseaux en couleurs ; Le Parc naturel de la Vanoise dont il rédige et illustre le chapitre sur les oiseaux ; les vingt planches en couleurs exécutées pour Le Guide des mammifères d'Europe de Delachaux et Niestlé 1967 Il convient de noter aussi que, dans ses uvres, l'animal n'est pas isolé de son environnement naturel (les paysages agricoles, les traces de l'homme n'en font jamais partie) et ses représentations sont le fruit d'une observation minutieuse du sujet et de nombreuses recherches sur son anatomie -squelette, muscles, plumage - ses milieux et modes de vie. Dans une planche montrant une femelle de Colvert debout au milieu de sa nombreuse nichée, chacun des neuf canetons est traité dans une attitude individualisée ; dans d'autres, le travail des plumes diffère : de fines ondulations grises ou noires, ou des lignes d'une grande précision, de plus en plus serrées dans la perspective, traduisent les plumages de la Sarcelle d'hiver ou du Canard Pilet. Les nombreuses pièces exposées à l'Orangerie du Muséum d'Histoire naturelle de Grenoble (croquis, dessins, aquarelles, sculptures, ouvrages, affiches ) témoignent de la richesse du talent de Paul BARRUEL dont on a pu dire qu'il compte parmi " les meilleurs peintres animaliers de l'histoire " et que " s'il s'était consacré aux fleurs, aussi largement et passionnément qu'il s'est voué au monde animal, il aurait pu devenir un REDOUTE du XXe siècle " (R. FRITSCH in Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de la Savoie n° 136, 1982). |
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